Vaste sujet, d'autant que beaucoup de problèmes sont abordés dans ce post. Comme d'hab chacun apporte ses connaissances, opinions, expériences et les options choisies ensuite sont personnelles en fonction de beaucoup de paramètres.
Avant la technique, à propos de « philosophie », avec nos camions grands mangeurs de gasoil (environ 1,5 tonne pour un petit tour de 10 000 kms…) nous pouvons être assez « souples » sur l'utilisation de quelques kilos de matériaux pas très catholiques pour la planète. Ce n'est pas une raison pour ne pas chercher des voies plus écolos, plus sympas, moins onéreuses, mais il serait aussi dommage de se priver de tout ce qui existe pour faire du bon boulot sur nos camions.
Si le polyester sent, c'est que le dosage a été mal fait (trop de durcisseur accélère trop vite la polymérisation et « emprisonne » les solvants qui mettent très longtemps à s'évaporer, pas assez donne une mauvaise polymérisation avec une résine mal réticulée qui va « s'évaporer » pendant longtemps). J'ai vécu plusieurs années dans un bateau en polyester sans odeur. Pour les réparations et modifs je conseille l'utilisation de résine époxy qui est sans solvant donc totalement étanche (100 gr de résine appliquée = 100 gr de résine polymérisée, la résine polyester perd 30 % de son poids via les solvants qui font des micros porosités en s'évaporant) qui colle d'une manière incroyable sur à peu près tout, qui avec des charges (micro ballon, silice, limailles métalliques, etc…) permet de faire des trucs incroyables, réparer ou refaire des pièces introuvables. Si vous cherchez une peinture alimentaire pour des réservoirs ou un frigo, il faut une peinture époxy (à proscrire peinture genre voiture polyuréthane bi composants).
Pour l'isolation il vaut mieux garder à l'esprit quelques principes de base. Les ponts thermiques genre omégas de renfort de la carrosserie sont bien évidents. Beaucoup plus sournoise, l'humidité. La moindre gouttelette d'eau est un pont thermique. Les isolants capables de s'imprégner d'eau deviendront de mauvais isolants et prendront du poids au passage. Une isolation parfaite doit se composer d'une paroi étanche à l'extérieur, d'un isolant et d'une paroi étanche à l'intérieur, les tranches devant être aussi étanche. Cette étanchéité « totale » évite les entrées d'air et la condensation permanente si cette étanchéité n'est pas respectée. S'il existe plusieurs couches d'isolants, il faut aussi éviter que l'air puisse « circuler » entre les couches afin de ne pas « transporter » le chaud ou le froid.
Par ailleurs, les isolants qui n'ont pas une bonne intégrité mécanique, genre « laines » de tous poils sont acceptables pour une surface horizontale mais posent problème pour des parois verticales. Les vibrations du roulage (et nos camions sont top de ce côté…) vont faire que le matériau va se tasser et laisser des vides, ce qui est le contraire du but recherché. Même collés, ces matériaux vont se délaminer, au mieux il restera quelques millimètres collés sur les parois mais le reste sera tassé en bas.
Entre l'idéal et la pratique… le temps, le budget, la patience…
Mes options.
Le plancher est constitué de longerons omégas en métal entre lesquels sont rivetées des planches (contreplaqué dans mon cas). J'ai gratté vigoureusement entre les longerons et les planches et j'ai « coulé » de la peinture anti-rouille pour imprégner au mieux les interstices entre métal et bois et imprégner la tranche du contreplaqué. J'ai ensuite bouché les espaces entre longerons et planches avec une pâte bitumée (utilisée dans le bâtiment pour les fondations en milieu humide, pot de 20 kg, marque Sika, Casto) qui reste assez souple après séchage, pas mal de retrait). Ensuite étalage d'une couche de 3 mm de cette pâte sur tout le plancher, elle constitue la « paroi » étanche extérieure » et colle l'Infrasound (laine anti-bruit et isolante, 2 cm épaisseur, Narbonne Accessoires), puis collage partiel avec la même mixture d'une couche de Stirodur de 3 cm (Point P, mousse rigide à cellules fermées) puis collage partiel d'un contreplaqué de 10 mm. La « paroi étanche » intérieure sera constituée par l'encollage total d'un revêtement synthétique (Saint Maclou) avec colle acrylique adaptée. Bien sûr tous les pourtours, dont ceux en contact avec la carrosserie, ont été généreusement garnis de la mixture bitumée au fur et à mesure du collage des différentes couches.
Je n'ai pas encore attaqué les parois mais le protocole sera le suivant. Découpe et « sculpture » de panneaux de mousse rigide à cellules fermées qui viendront s'ajuster au mieux dans tous les rectangles dessinés par les omégas et longerons. La face arrière sera « rabotée » et travaillée pour s'ajuster au mieux au galbe de la paroi et aux divers bossages. Ces panneaux seront collés sur la carrosserie par une réseau de cordons de mastic polyuréthane mono composant (Sikaflex ou 3M) dessinant comme des joints de carrelage (12 à 15 cm entre les cordons). Les panneaux viendront au même niveau que les omégas ou longerons les plus épais (les moins épais seront noyés dans la mousse) avec joints d'étanchéité sur le pourtour des panneaux. Le but est d'assurer étanchéité et d'emprisonner de très petites quantités d'air dans chaque carré. La seule condensation sera celle des très petites quantités d'air emprisonnées au moment du collage dans chaque carré soit trois fois rien de rien. Les omégas seront remplis avec des bombes de mousse, ce qui n'évitera pas les ponts thermiques, mais évitera les mouvements de convection de l'air à l'intérieur. Ensuite encollage d'un matériau isolant multicouches (13 couches Narbonnes Accessoires) toujours avec la technique des cordons, lequel multicouches sera préalablement encollé (idem) sur du contreplaqué CTBX de 4 mm. Si j'ai encore le courage… au lieu de fixer les panneaux de contreplaqué sur les omégas avec des vis Parker (ce qui prolongerait le pont thermique là où l'isolation sera la plus faible), je me laisserai sans doute aller à doubler certains omégas par des tasseaux de bois sur lesquels je visserais les panneaux. (En écrivant ceci, je me rends compte qu'il faut poser ces tasseaux avant la découpe de la mousse…) La paroi étanche extérieure c'est la carrosserie, la paroi étanche intérieure, sur les panneaux de contreplaqué, sera soit peinture soit revêtement encollé sur toute la surface (idem plancher) suivant les endroits, visibles ou pas visibles, et fonction de la déco. Ouf !
Pour les lanterneaux, je lance une réflexion : pourquoi ne pas dissocier la fonction aération de la fonction ventilation. Les lanterneaux cumulent les deux mais en se « libérant » de cette caractéristique on ouvre un champ de créativité assez grand. Plusieurs petits panneaux transparent en méthacrylate triple épaisseur noyés dans le double plafond peuvent répartir et mieux disposer l'éclairage suivant les besoins. La fonction aération peut alors être confiée à divers dispositifs répartis dans des endroits plus judicieux pour leur fonction, qui peuvent rester opérationnels par temps de pluie ou quand on est absent, avec pourquoi pas un toit ouvrant bien isolé mais opaque et donc facilement accessible à nos talents de bricoleurs. À voir, j'y réfléchis de plus en plus.
Je me retrousse les manches et j'y retourne…
Cordialement
Yves